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Mathurin Regnier

Epitaphe

J'ai vécu sans nul pensement,
Me laissant aller doucement
A la bonne loi naturelle,
Et si m'étonne fort pourquoi
La mort daigna songer à moi,
Qui n'ai daigné penser à elle.

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Epitaph

I lived ignoring care and weight
drifted here, there, at easy gait,
to Nature close I’d cleave, -
from sense Death’s taken leave,
of whom I thought not early, late,
why should he think on me to wait?

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Ô Dieu, si mes péchés irritent ta fureur

Ô Dieu, si mes péchés irritent ta fureur,
Contrit, morne et dolent, j'espère en ta clémence.
Si mon deuil ne suffit à purger mon offense,
Que ta grâce y supplée et serve à mon erreur.

Mes esprits éperdus frissonnent de terreur,
Et, ne voyant salut que par la pénitence,
Mon coeur, comme mes yeux, s'ouvre à la repentance,
Et me hais tellement que je m'en fais horreur.

Je pleure le présent, le passé je regrette;
Je crains à l'avenir la faute que j'ai faite;
Dans mes rébellions je lis ton jugement.

Seigneur, dont la bonté nos injures surpasse,
Comme de père à fils uses-en doucement,
Si j'avais moins failli, moindre serait ta grâce.

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Ode

Jamais ne pourray-je bannir
Hors de moy l'ingrat souvenir
De ma gloire si tost passee?
Toujours pour nourrir mon soucy.
Amour, cet enfant sans mercy,
L'offrira-t-il a ma pensee!

Tyran implacable des coeurs,
De combien d'ameres langueurs
As-tu touche ma fantaisie !
De quels maux m'as-tu tourmente!
Et dans mon esprit agite
Que n'a point fait la jalousie !

Mes yeux, aux pleurs accoutumez,
Du sommeil n'estoient plus fermez;
Mon coeur fremissoit sous la peine:
A veu d'oeil mon teint jaunissoit;
Et ma bouche qui gemissoit,
De soupirs estoit toujours pleine.

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Satyre X

... Ô Muse ! je t'invoque : emmielle-moi le bec,
Et bandes de tes mains les nerfs de ton rebec.
Laisse moy là Phoebus chercher son avanture,
Laisse moy son b mol, prend la clef de nature,
Et vien, simple, sans fard, nue et sans ornement,
Pour accorder ma flute avec ton instrument.

Dy moy comme sa race, autrefois ancienne,
Dedans Rome accoucha d'une patricienne,
D'où nasquit dix Catons et quatre vingts preteurs,
Sans les historiens et tous les orateurs.
Mais non, venons à luy, dont la maussade mine
Resemble un de ces dieux des coutaux de la Chine,
Et dont les beaux discours, plaisamment estourdis,
Feroient crever de rire un sainct de paradis.

Son teint jaune, enfumé, de couleur de malade,
Feroit donner au diable et ceruze et pommade ;
Et n'est blanc en Espaigne à qui ce cormoran
Ne lasse renier la loy de l'Alcoran.

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Quand sur moi je jette les yeux

Quand sur moi je jette les yeux,
À trente ans me voyant tout vieux,
Mon coeur de frayeur diminue :
Étant vieilli dans un moment,
Je ne puis dire seulement
Que ma jeunesse est devenue.

Du berceau courant au cercueil,
Le jour se dérobe à mon oeil,
Mes sens troublés s'évanouissent.
Les hommes sont comme des fleurs
Qui naissent et vivent en pleurs,
Et d'heure en heure se fanissent.

Leur âge à l'instant écoulé,
Comme un trait qui s'est envolé,
Ne laisse après soi nulle marque ;
Et leur nom si fameux ici,
Sitôt qu'ils sont morts, meurt aussi,
Du pauvre autant que du Monarque.

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Satire II

...Aussi, lors que l'on voit un homme par la rue
Dont le rabat est sale et la chausse rompue,
Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint,
Qui soit de pauvre mine et qui soit mal en point,
Sans demander son nom on le peut reconnaître ;
Car si ce n'est un poète au moins il le veut être.

Or laissant tout ceci, retourne à nos moutons,
Muse, et sans varier dis-nous quelques sornettes
De tes enfants bâtards, ces tiercelets de poètes,
Qui par les carrefours vont leurs vers grimaçant,
Qui par leurs actions font rire les passants,
Et quand la faim les poind, se prenant sur le vôtre,
Comme les étourneaux ils s'affament l'un l'autre.

Cependant sans souliers, ceinture ni cordon,
L'oeil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon,
Vous viennent accoster comme personnes ivres,
Et disent pour bonjour : ' Monsieur, je fais des livres,
On les vend au Palais, et les doctes du temps,

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Satire III

Sans parler, je t'entends : il faut suivre l'orage ;
Aussi bien on ne peut où choisir avantage ;
Nous vivons à tâtons et, dans ce monde ici,
Souvent avec travail on poursuit du souci ;
Car les dieux courroucés contre la race humaine
Ont mis avec les biens les sueurs et la peine.
Le monde est un berlan où tout est confondu
Tel pense avoir gagné qui souvent a perdu,
Ainsi qu'en une blanque où par hasard on tire,
Et qui voudrait choisir souvent prendrait le pire.
Tout dépend du Destin, qui sans avoir égard
Les faveurs et les biens en ce monde départ.

Mais puisqu'il est ainsi que le sort nous emporte,
Qui voudrait se bander contre une loi si forte ?
Suivons donc sa conduite en cet aveuglement.
Qui pèche avec le ciel pèche honorablement.
Car penser s'affranchir c'est une rêverie ;
La liberté par songe en la terre est chérie :
Rien n'est libre en ce monde et chaque homme dépend,

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Satyre XV

Ouy, j'escry rarement, et me plais de le faire ;
Non pas que la paresse en moy soit ordinaire,
Mais si tost que je prens la plume à ce dessein,
Je croy prendre en galere une rame en la main ;
Je sens, au second vers que la Muse me dicte,
Que contre sa fureur ma raison se despite.

Or si par fois j'escry suivant mon ascendant,
Je vous jure, encor est-ce à mon corps deffendant.
L'astre qui de naissance à la Muse me lie
Me fait rompre la teste après ceste folie,
Que je recongnois bien ; mais pourtant, malgré moy,
Il faut que mon humeur fasse joug à sa loy ;
Que je demande en moy ce que je me desnie,
De mon âme et du Ciel estrange tyrannie !
Et qui pis est, ce mal, qui m'afflige au mourir,
S'obstine aux recipez et ne se veut guarir ;
Plus on drogue ce mal et tant plus il s'empire ;
Il n'est point d'elebore assez en Anticire ;
Revesche, à mes raisons, il se rend plus mutin,

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